Ernest Pignon-Ernest

Mamac : rétrospective
Eglise abbatiale de Saint-Pons : "Extases"

Insaisissables figures s’étiolant au contact du temps, les créations d’Ernest Pignon-Ernest sont en prise direct avec le monde. Précurseur du street-art, il esquisse sur son passage de délicats pamphlets mettant en avant l’âme et l’histoire d’un lieu. Son art interroge et interpelle le passant plongé dans sa vision un bref instant avant de reprendre sa route. Cet instant précieux lui offre une ouverture sur le monde, l’insondable profondeur de l’être. L’art d’Ernest Pignon-Ernest est engagé. Il transcende les codes. Fortement influencé par l’art classique, il est un lien entre les âges. Il domestique à la perfection les codes des maîtres classiques par un vecteur résolument neuf bien qu’existant depuis des millénaires : l’art urbain. Ses œuvres ont une vie propre, elles naissent, vivent et meurent au rythme de la ville. Le caractère court de l’expérience est une volonté de l’artiste. Ses dessins, créés à même le monument qu’ils révèlent, sont conçus pour disparaître. Il évolue comme le temps et comme la société.

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Cette disparition totale de l’œuvre, Ernest Pignon-Ernest ne la veut pourtant pas inéluctable. Il aime à dire que « les lieux n’ont rien à envier aux murs des galeries » mais n’est pourtant pas réfractaire à cet environnement. Il aime à y exposer des photos et des travaux préliminaires comme pour leur procurer un bout d’éternité. C’est dans cette optique qu’est née l’exposition qui se déroulera au MAMAC du 25 juin 2016 au 7 janvier 2017. Comme un retour aux sources, Ernest Pignon-Ernest offre l’incroyable chance à la ville qui l’a vu naître de mieux comprendre son art en lui présentant les démarches et le processus créatif novateur qui nourrissent ses délicats pamphlets. Il revient avec grâce sur une vie artistique riche de voyages et de combats. Il s’y remémore ses prises de positions et l’inénarrable vertu d’un poème pictural par delà les mœurs et à travers l’histoire.

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Quoi de plus excitant qu’une exposition pour révéler une vie si pleine de passions ! Installé à Paris, il signe à partir de 1970, des œuvres profondément politiques comme « La Commune », « Les hommes bloqués », « Jumelage Nice-Le Cap », « Sur l’avortement » et « Les immigrés » ou encore « Expulsions ». Il créé pour dénoncer, mais aussi pour se souvenir. Explorant l’histoire, mais aussi l’histoire de l’art dans les années 1980, il rappelle Pasolini et Rubens (« Les musiciens »). Il transcende le message par le style et sort les maîtres du carcan de plomb.

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Il est également sculpteur, et c’est toujours avec la même volonté d’insuffler la vie et de lui donner sens qu’il crée entre 1982 et 1984 « Les Arbrorigènes » : ses créatures moulées sur des corps vierges sont incrustées de plantes et placées dans les arbres pour se fondre avec la nature nourricière. Créées en collaboration avec des scientifiques, elles sont l’essence même de la vie. Elle s’épanouissent et posent la question du vivant, tout en restant profondément mortelles et dangereusement périssables (plusieurs « Arbrorigènes » sont morts lors de la Biennale de Venise en 1986). C’est le vivant qu’Ernest Pignon-Ernest aime, passionnément, sous toutes ses formes et dans toutes ses expressions. Le vivant politique, poétique, polémique. Il s’élève et s’insurge. Son art est guidé par sa seule conscience toujours à la recherche d’une élévation spirituelle.

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“Extases” à l’église abbatiale de Saint-Pons

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Cette élévation spirituelle, on la retrouve dans la série « Extases ». Tout d’abord placée dans la cathédrale Saint-Charles d’Avignon, l’exposition des mystiques chrétiennes élira domicile dans l’abbatiale de Saint-Pons du 25 juin au 2 octobre. Les adoratrices de Dieu ne pouvaient trouver meilleur domicile que l’extraordinaire architecture baroque de ce bâtiment dont l’âme est vieille de plus de plus de 12 siècles. Telle Sainte-Thérèse en extase du Bernin, transcendée par la flamme divine dans le sein de Santa Maria Della Vittoria à Rome, elles se déploient, ondulantes alanguies, offertes aux spectateurs, éperdus dans leur contemplation mystique. Elles sont, tout à la fois, uniques et universelles, terrestres et spirituelles, religieuses et profanes. Elles sont le paroxysme et l’oxymore qui définit si bien le travail d’Ernest Pignon-Ernest. L’engagement par la passion. Le message par la beauté.

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MAMAC, Nice
25 juin – 8 janvier 2017
Vernissage le vendredi 24 juin à 19h
Place Yves Klein – Nice. Tous les jours de 10h à 18h sauf le lundi. 

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Église abbatiale de Saint-Pons
25 juin – 2 octobre
Vernissage le lundi 27  juin à 11h.
Montée de l’abbaye de Saint-Pons – Nice. Du mercredi au dimanche de 15h à 18h.

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