Florian Lévy

Grâce à une maîtrise affutée des outils numériques, ce faussaire de la réalité subjugue avec un style minimaliste et épuré. Point commun de ses créations ? La sublimation de la lumière dans un jeu de textures et de transparences où l’humain se déshumanise. Son univers symbolique questionne l’Homme et sa nature dans le monde. Fins et torturés, les sujets exhalent dans un rêve cauchemardesque.

.
Son parcours, jalonné de rencontres et de réflexions n’est pas le fruit du hasard. Créer est une action intrinsèque pour Florian Lévy. « Une vocation depuis tout petit » vers les arts plastiques : peinture, dessin, couture, bricolage, modelage, origami… L’artiste se tourne au départ vers l’artisanat et obtient un brevet des métiers d’arts du bijou et du joyau. Une profession de niche qui le pousse à se réorienter vers « des petits boulots pour remplir le frigo ». En parallèle, la démarche créative qui l’a toujours captivé s’exprime dans des logiciels numériques et de retouches photographiques.

Dès 2007, Florian Lévy se forme à la communication visuelle en autodidacte. Très vite, il produit des visuels pour des associations et professionnalise son savoir-faire comme graphiste indépendant deux ans plus tard avec des contrats dans l’industrie pharmaceutique, le milieu associatif ou encore artistique.

.
L’art, justement, n’est pas mis de côté. Sa polyvalence et son besoin inaliénable de créer s’animent et basculent de « l’envie d’utiliser des photos pour faire du montage vers la découverte de la pratique photographique associée à la retouche ».

Au fil des « connexions et des opportunités créatives et professionnelles », c’est tout naturellement que s’opère en 2012 sa première exposition niçoise en tant que parrain du concours photo de l’association Polychromes. L’univers de l’artiste suscite l’intérêt d’un magazine international d’avant-garde artistique « Raise » avec la commande d’une série. Intitulée « Introspection », elle « s’inspire de blessures personnelles, dont la ligne conductrice s’est fixée autour du minimalisme et du corps humain ». Au total 16 photos d’autoportraits et de portraits exposées dans les locaux du Connectif KKF en 2014. Plasticien, photographe, graphiste, l’artiste pluridisciplinaire « passe le cap de la simple exposition photo », en y apportant une mise en volume d’objets inspirés des visuels dans un cabinet de curiosités.

.

Cet accomplissement créatif l’encourage à relever un nouveau défi. A la demande d’Alexandre Dufaye, directeur de publication de l’ouvrage Nice Code pour son Ultimate édition, Florian Lévy prend le tournant graphique de la déshumanisation. Le sujet : Nice, l’amène à déstructurer ses codes architecturaux dans un laboratoire artificiel de dix structures expérimentales fantasmées. Le TNN devient un bloc de pierre, les trois palmiers délogent leurs racines ou encore le Château est suspendu dans les airs.

.

Avec des œuvres toujours fortes en symboles, métaphores et allégories, l’artiste pousse encore plus loin sa créativité dans une nouvelle série début 2015. « Freehand » est une critique satyrique de la société moderne avec pour personnification la main. Au total, huit compositions aériennes et épurées traitant de thématiques puissantes telles que la mort, la technologie, le sexe, la religion, l’amour ou encore la nature. « Après avoir fait mon introspection, j’ai eu besoin de proposer ma propre réflexion sur l’être humain en général ».

Prolifique, il produit une nouvelle série la même année avec « Lune Noire ». « J’avais envie de repartir sur des travaux plastiques et des thématiques ésotériques qui me sont chers ». Preuve en est, la confection d’un masque mortuaire de son visage comme fil conducteur.

.

Questionnement encore à l’approche de ses 30 ans sur le concept de l’anniversaire avec « HBDY » : quatre images au décor entièrement confectionné par l’artiste dans un style années folles revisité. Enfin, début 2016, un édito est commandé par le magazine allemand « Pornceptual » sur l’ensemble des attirances ou pratiques sexuelles qui diffèrent des actes traditionnellement considérés comme « normaux » : la paraphilie. Six planches du créatif mettent en images « une critique démontrant l’animalité de l’être humain ». De l’homme de Cro-Magnon à l’homme 2.0, il se lance un chalenge graphique en appliquant visuellement la tendance encore underground du glitch art : pixels, trames de photocopieuses, filtres 3D, artefacts et fichiers corrompus viennent polluer cette série d’autoportraits.

.

Des projets plein la tête, Florian Lévy s’attèle actuellement à une prochaine production artistique : « Origin », une ode à la nature. Une thématique omniprésente dans l’ensemble de son travail et élémentaire dans sa personnalité résolument sensitive.

.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.