Gil Kenny

Plus de 20 ans de carrière dans l’industrie cinématographique et une filmographie au palmarès impressionnant : « Magic in the Moonlight » et « Minuit à Paris » de Woody Allen, « Inception » de Christopher Nolan, « Iron Man 2 »… Gil Kenny est également à la tête de Sharkprod, une société de production monégasque, il nous livre son expérience avec passion et humilité.

Interview

Quel regard portez-vous sur votre carrière professionnelle ?

Ma carrière est le fruit de rencontres, d’expériences et de passions qui m’ont permis d’avancer, j’ai eu la possibilité de rencontrer des personnes qui m’ont fait confiance et donné des opportunités.

Pourquoi avoir choisi le cinéma ?

C’est une passion découverte à l’adolescence alors que j’avais déjà un penchant pour la photographie, et que mon beau-père travaillait dans le cinéma. Aussi, je me suis retrouvé sur les plateaux lorsque j’étais gamin, et forcement cela a joué un rôle crucial dans mes choix professionnels. Après une école de cinéma que j’ai effectué à Toronto, j’ai eu la chance de démarrer dans le milieu, sur la Côte d’Azur en 1992, quand une amie productrice de mon beau-père me décroche un poste de stagiaire mise en scène sur le film « Le Fils de la Panthère Rose », réalisé par Blake Edwards, ce fut le lancement de ma carrière. Et puis, c’est aussi une histoire de famille, mon grand-oncle était le cascadeur
Gil De la Mare dans les années 60. C’était un homme hors norme, gentil, généreux et professionnel. Il a entre autres formé Rémy Julienne, il a été la doublure de Jean Marais dans « Fantômas », et il réglait les cascades de Belmondo, il a participé a celles du célèbre film « Le jour le plus long ». Certes, je ne l’ai pas connu, mais les rencontres que j’ai faites tout au long de ma carrière, avec des personnes qui ont travaillé avec lui, suggèrent que j’ai certainement son don et sa passion dans le sang. C’était donc naturel pour moi d’enchainer ma carrière en prenant en charge les équipes de 2nd Unit sur les tournages de long-métrages (ce sont celles qui gèrent les cascades dans les films d’action). Alors pour répondre à votre question, « pourquoi le cinéma ? », c’est un métier mythique et passionnant dont j’apprends tous les jours. Chaque projet est différent et gratifiant, je n’ai franchement pas l’impression de travailler, me lever tôt pour aller faire quelque chose que j’aime, la persévérance et la chance m’ont permis d’exercer un métier magique ! Parlez moi de votre expérience à l’étranger. Elle était surtout dans l’organisation de tournages de films publicitaires. J’ai beaucoup voyagé et découvert les différentes façons de travailler des autres pays qui m’ont énormément apporté pour la gestion de ma société aujourd’hui.

Vous avez été, notamment, le 1er assistant réalisateur sur le film de Woody Allen, « Minuit à Paris », quel souvenir en tirez-vous ?

Woody Allen est une de mes plus belles rencontres en terme de réalisateur de long métrage, cette première rencontre a été magnifique, une personne très humaine, inutile de dire à quel point son œil de réalisateur voit loin, un des rares a encore tourner en 35mm. C’est quelqu’un avec qui j’aurai signé pour dix ans !

Vous avez réitéré l’expérience avec « Magic in the moonlight », comment était-ce ?

Lorsqu’il m’a rappelé pour ce film, j’étais heureux de pouvoir une nouvelle fois travailler avec un de mes réalisateurs préférés, qui plus est, dans des décors où j’ai débuté ma carrière. On a tout tourné sur la Cote d’Azur : l’Esterel, le Studio Riviera (anciennement Studios de la Victorine), à l’Opéra de Nice, à la Cave Bianchi dans la vieille ville. C’était magique de le voir filmer dans les lieux où je tourne depuis plus de 20 ans avec toute l’équipe que je connais par cœur. Et, cela grâce a Raphaël Benoliel, qui était le producteur de« Magic in the Moonlight » et de « Minuit à Paris », et qui a ramené les films de Woody Allen en France. Imaginez notre grande famille du cinéma du Sud de la France, se retrouvait avec Woody Allen. Je me suis dit : la boucle est bouclée !

Votre avis sur l’aventure « Inception » où vous avez été le 1er assistant réalisateur ?

J’ai décroché le job grâce à un casting d’assistants réalisateurs sur Paris, je me souviens, j’entrais dans un concert de U2 à Barcelone lorsque j’ai reçu le coup de téléphone m’annonçant l’accord et le rendez-vous le lendemain matin a Paris pour rencontrer le 1er assistant réalisateur américain ! Je me suis donc occupé de toute la partie du film « Inception » qui fut tournée à Paris, il a fallu que je lise le scénario de nombreuses fois pouressayer de tout comprendre ! Encore une belle expérience…

Vous êtes à la tête de Sharkprod, dites-nous tout.

Après tant d’années de métier, je trouvais qu’il y avait un réel potentiel sur la Côte d’Azur en terme de longs métrages, de films publicitaires et de clips. Je trouvais qu’il n’y avait pas assez de travail par rapport aux possibilités qu’offre le sud de la France, j’avais envie de donner du travail aux gens avec qui je collabore depuis des années. Sharkprod est ce qu’on appelle une société de « Production Service », notre but est de trouver les décors, de demander les autorisations de tournage, de monter les équipes, d’organiser le casting local, etc. pour les sociétés françaises et étrangères qui viennent tourner dans le Sud.

Vos clients de spots publicitaires vont de Rolls Royce, L’Oréal, en passant par le groupe U2, parlez moi de votre expérience avec le groupe de rock irlandais.

Je me suis retrouvé à m’occuper localement de leur clip et de leur publicité pour Apple. U2 était dans le coin, ils vivent à Eze, du coup la production américaine a décidé de venir tourner dans le sud de la France aux Studios Riviera. J’ai réussi à récupérer le projet grâce à un ami producteur dont les bureaux sont à Los Angeles. C’était vraiment un gros projet et un véritable challenge, il a été confirmé 24 heures avant l’arrivée de la production américaine composée de 50 personnes. Nous avons dû assurer une énorme préparation en très peu de temps. Au total : 2.000 m2 de fonds verts, une équipe locale de 120 personnes pour à peine quatre jours de pré-light et quatre jours de tournage. C’était et ça restera un de mes projets préférés écoutant leur musique depuis une trentaine d’années…

En quoi la Côte d’Azur est-elle attractive cinématographiquement parlant ?

Par la beauté et la richesse de ses lieux. La météo y est aussi pour beaucoup avec environ 300 jours de soleil par an. La diversité des décors et les qualités professionnelles des équipes locales attirent énormément aussi. Qui plus est, Sharkprod étant à Monaco, cela apporte des avantages budgétaires plus attractifs pour les sociétés qui viennent s’y produire.

Nice est le décor de nombreux films et de tournages publicitaires, quelques exemples de lieux prisés ?

La promenade des Anglais, le Vieux-Nice, le Studio Riviera, voici pour le panel. Les alentours de Nice plaisent aussi beaucoup comme la Grande Corniche, Eze village, Beaulieu-sur-Mer et Villefranche-sur-Mer.

Un souvenir, une anecdote qui vous a particulièrement marqué dans votre carrière ?

J’ai été le premier assistant réalisateur sur un clip de U2 en 2002, « Electrical Storm », réalisé par Anton Corbijn, le premier jour, nous nous sommes réunis chez Bono à Eze où je me suis retrouvé assis, face aux quatre membres du groupe, c’était juste extraordinaire.

Réaliser votre propre film est-il dans vos objectifs ?

C’est dans un coin de ma tête, mais je n’en dirai pas plus pour l’instant…

Shark Prod

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.