Maxim Iangaev, création dans la destruction

Hors normes, et en dehors du temps, l’univers de Maxim Iangaev est intense. Une fois les portes de son atelier franchies, on découvre un jeune homme aux lunettes rondes, cheveux en bataille, et léger accent slave. Un artiste discret qui renferme une personnalité marquante et singulière. Malgré une carrière naissante, ce boulimique de la peinture se tient face à de nombreuses toiles, qu’il signe singulièrement au dos du tableau, « pour ne pas les dénaturer ». Sa dernière série est une référence au film Dr Strangelove de Stanley Kubrick. Des pièces sombres, et un brin mélancoliques. « Ma création est une déclaration d’amour à l’art et à la peinture au sens propre, à ces pigments qui sortent du tube. J’emmerde les codes, et je ne respecte aucun processus créatif. Je peux mélanger de la peinture industrielle avec de la noble peinture à l’huile, jouer avec les réactions de matières chimiques. Je peins sur des draps, des bâches, des toiles… » Maxim parle d’un « massacre précis ».

 

De Bacon à David Salle

Ses premières influences remontent à son enfance, vécue en ex-URSS, dans un décor marqué par d’imposantes tapisseries, et une architecture baroque. « Sans le savoir, cette esthétisme russe traditionnelle m’a inspiré. Je suis arrivé à la peinture avec un « retard » de 50 ans… », ironise Maxim. Après avoir intégré une prépa-artistique, ce Niçois d’adoption s’envole pour Montpellier où il confronte son coup de pinceau aux regards des professeurs de l’école des Beaux-Arts. Et le choc est parfois violent. « Je n’avais pas encore de réflexion artistique ». Maxim se cherche et ne se retrouve pas dans les courants et l’approche conceptuelle et contemporaine que certains lui imposent. « Mes maîtres étaient Bacon, Lucian Freud, Gasiorowski ou David Salle… » Il se documente sur les Avant-gardes russes et les peintres allemands des années 80. « Un écho se fait alors dans mon travail. Et ce n’est pas forcément une bonne chose. J’étais en retrait face à ma propre réflexion ». Et lorsque des messages apparaissent enfin, têtu et borné, Maxim refuse de les définir. « Cela détériorait le charme de l’œuvre ». Une obstination qui a faillit lui coûter son examen final. Désormais diplômé, et après avoir été en stage auprès d’artistes confirmés, tels que Patrice Palacio, Maxim Iangaev confie être moins « dans l’affrontement », sans renier son côté provocateur. « C’est en moi. Et il n’y aura jamais de stabilité dans mon travail car peindre, c’est tendre vers quelque chose sans ne jamais l’obtenir »…

 

Out of norms, and out of time, the universe of Maxim Iangaev is intense. He is a young man with round glasses, messy hair, and a light Slavic accent. A discreet artist with a remarkable and unique personality. Despite a burgeoning career, this bulimic of painting stands in front of many canvases. His latest series is a reference to Stanley Kubrick’s lm Dr Strangelove. «My creation is a declaration of love to painting in the proper sense, to those pigments that come out of a tube. I don’t give a fuck about the codes, and I respect no creative process. I can mix industrial paint with noble oil paint, play with the chemical reactions. I paint on sheets, tarpaulins, canvases…»

From Bacon to David Salle

His first influences date back to his childhood in the former Russia, in a setting marked by imposing tapestries and baroque architecture. «Without knowing it, this traditional Russian aesthetic inspired me. I arrived at painting with a «delay» of 50 years…», ironizes Maxim. After having integrated an artistic preparatory class, this naturalized Nice citizen ies to Montpellier where he confronts the teachers of the School of Fine Arts. And the shock is sometimes violent. «I had no artistic re ection yet.» Maxim seeks himself and can not find a match in the conceptual and contemporary approach that some impose on him. «My masters were Bacon, Lucian Freud, Gasiorowski or David Salle…» He explores the Russian Avant-Gardes and the German painters of the 80’s. «An echo is then made in my work. And it’s not necessarily a good thing. I was pulled back to face my own thinking.» And when messages finally appear, stubborn and uncompromising, Maxim refuses to define themselves. «This deteriorated the charm of the work.» A persistance that almost cost him his final exam. Now graduated, and after having done internships with confirmed artists, such as Patrice Palacio, Maxim Iangaev confides to be less «in the confrontation», without denying his provocative side. «It’s in me. And there will never be stability in my work because painting is tending towards something without ever getting it»…

Maxim Iangaev – www.maximiangaev.com – @iangaev

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