Stéphane Rodriguez Delavega

Les photographies de Stéphane Rodriguez Delavega reposent sur une ambivalence. Une recherche de la perfection absolue et l’envie frénétique de capturer la vérité d’un instant. A la fois sensible, spontané et pointilleux, le photographe jongle entre une approche personnelle, où la rencontre prime, et des clichés commerciaux dans les domaines de la mode et de la beauté.

Totalement autodidacte, il plonge par hasard dans cet univers il y a 10 ans. « Je travaillais dans un studio d’enregistrement de musique et j’utilisais mes compétences graphiques pour la création de pochettes d’album », jusqu’au jour où un ami lui prête un appareil photo. Essai concluant. Son œil photographique s’impose. Fasciné par « l’esthétisme qu’on peut apporter et le travail de la lumière », Stéphane Delavega fait l’acquisition de son premier boitier et enchaîne quelques séries avec « des copines photogéniques ». Les retours positifs le poussent petit à petit à se consacrer entièrement à cette nouvelle passion « un moyen d’expression parmi tant d’autres ». Il quitte son poste de régisseur de spectacle et s’oriente tout de suite vers la photo publicitaire. Sa technicité et son perfectionnisme lui amènent des clients de renom : U2, Pascal Coste, Façonnable, Banana Moon, Livia… Travaillant entre Nice et Paris, il monte en 2010 le Studio DLV dans 100m2 sur le boulevard Gorbella et projette de développer la structure vers une émulsion collective.

Son approche plus personnelle n’est pour autant pas mise de côté. Inspiré par le ressenti, Stéphane Delavega est subjugué par l’esthétique sombre du réalisateur Tim Burton ou encore des photographes Bruno Dayan et Nicolas Guerin. Il avoue une frustration : celle de ne pas pouvoir imposer sa touche dans les photographies commerciales. Stéphane affectionne la photo brute et une recherche du naturel dans son espace de liberté. « Je n’ai pas envie de faire des photos avec juste des jolies personnes. Il me faut quelque chose en plus. J’aime les imperfections : un strabisme, une petite bosse sur le nez, une particularité, un détail in me ». Cet artefact est une des pièces maîtresses de son talent. La rencontre, toujours intuitive, est primordiale : « J’aime faire découvrir une facette inconnue de l’image que l’on peut avoir de soi. Shooter quelqu’un, c’est comme une mise à nue. Je recherche ce moment où la personne se lâche et dévoile cette petite chose en elle. C’est là qu’on obtient les meilleures photos ». Preuve en est, l’expérience d’un shooting beauté où le mannequin, immobile pose devant son appareil. En quelques prises, la photo en adéquation avec la demande apparaît, mais un zoom sur le cliché révèle sur l’image un cheveu au milieu de l’œil. « Nous n’avons jamais réussi à retrouver cette photo où il y a ce truc en plus. La photographie n’est pas mathématique. Il y a l’intention du moment, la rencontre qui fait qu’une image est magique ». A 41 ans, l’artiste s’essaie depuis peu à la vidéo avec toujours pour objectif « l’envie de faire de l’image non retravaillée et de poursuivre cette recherche de la vérité de l’instant ».

Stéphane Delavega

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