Stéphanie Marin

Entre confort et originalité, tendance et éthique, rêve et réalité, les singularités fusionnent avec logique dans les créations de Stéphanie Marin. La simplicité de sa personne va de paire avec l’ADN de son entreprise Smarin, fondée en 2004.

Dans son atelier du port de Nice, l’émulsion collective est bien palpable. Celle qui a monté sa première entreprise de textiles recyclés à 17 ans a depuis gravi les marches du succès. Avec sa ligne « Habits Magiques », elle égraine passionnément de 1990 à 2003 des collections basées sur des matières recyclées et des vêtements anciens. « Le rythme de la mode était trop frénétique et ne me plaisait plus. Je me sentais enfermée. J’avais envie de voir autre chose ». Stéphanie Marin se lance alors dans la création d’un objet devenu iconique : le galet « livingstone ». « L’idée était de continuer à travailler le tissu mais pour l’objet ».

Pratiques comme des poufs, ces galets 100 % laine vierge sont surdimensionnés et composent « un ensemble de neuf coussins formant une ergonomie quelque soit la taille et le poids de la personne ». Il faudra attendre 2005 pour que la première pièce soit vendue : « Le projet avait besoin de temps pour éclore, il fallait construire l’évidence ». Aujourd’hui, après plus de 100 000 exemplaires « livingstones » vendus aux quatre coins du monde, le succès est bien là. Sûrement parce que l’univers de cette éditrice suscite l’éveil des sens et de l’émotion. Souvent ludique, toujours « durable et le plus naturel possible », l’engagement écologique est son fer de lance : « Au début, le marché international était peu enclin à cet argument marketing qui est aujourd’hui une question de bon sens ».

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Les collections, elles, s’agrandissent et se renouvellent : « play yet ! », un mobilier pour enfants simple, flexible et modulable, « mobileshadows », des ombres mobiles suspendues dans l’encadrement d’une fenêtre ou en séparation d’espace, « livingisland » deux îlots emboîtables qui forment deux consoles indépendantes transformables en tables… La liste, non-exhaustive, s’enrichit également d’installations comme tout récemment le « Nap Bar » à Dubaï. Le concept ? Une invitation à la sieste avec les méridiennes « dunes », un oreiller, un poncho, une berceuse, une tisane et quelques huiles essentielles « pour lâcher prise, revenir à l’essentiel, s’endormir ». Autre actualité : « les angles », un ensemble géométrique de coussins s’assemblant du sol au plafond, qui ont voyagé jusqu’à New York en mars 2016.

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Sans équivoque, la maison d’édition est devenue une véritable référence. Est-il utile de conter les multiples collaborations avec de grands noms tels que Chanel, Chopard, Google, Jean-Pierre Dick ou encore Mauro Colagreco ? Le lien entre art et design est également mince lorsque pour la Biennale de Venise de 2015, Stéphanie Marin mêle son savoir-faire au plasticien Céleste Boursier-Mougenot. « Un escalier académique couplé avec la souplesse de l’identité Smarin. Une surprise de la vision et une tromperie sur la matière avec des marches en latex au lieu de l’apparence du béton froid ».

Explorer, expérimenter, ces verbes font figure de leitmotiv pour cette entreprise florissante. Des objets qui ne se figent pas dans l’espace, qui évoluent et qui suscitent des questionnements permanents : « Il y a de la vie ». C’est donc toujours avec la même impatience que le monde du design attend ses nouvelles collections. Après « les schaises » une assise flexible, le prochain bébé a été baptisé « OBI ». Un sac inspiré de la ceinture de Geisha ultra minimaliste produit par la maison de haute maroquinerie niçoise : Vignes.

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Smarin – 14, ruelle du Ruisseau – 06300 Nice – 04 93 52 89 26

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